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9 octobre 2005 Bonsoir, Je suis enchantée de votre site, tout d’abord pour cette apaisante musique durant la consultation du site. Je suis atteinte de fibromyalgie depuis 3 ans diagnostiquée par un rhumatologue, pui confirmée par le généraliste qui me suit. J’ai 47 ans et je ne comprends cette entrée aux enfers sinueuse dans laquelle je vis. Oh, cela n’est pas encore au point de demander une aide à domicile mais malgré différents changements d’anti-dépresseurs, de la prescription régulière d’antalgiques, le moral, la fatigue, me grignottent à petits pas. En effet, j’ai honte de me voir dormir plus de 2 heures en début d’après midi, j’ai l’impression d’avoir fait le matin le parcours du combattant, avec un mal fou, une peine à m’y mettre, je veux, mais je n’y arrive pas. Les jours passent ainsi en reportant au lendemain ce que je n’ai pas réussi à faire. Il est vrai, j’essaye de rester active mais tout me pèse – sortir (j’en pleure – je craque, c’est difficile), j’ai l’impression que je ne suis pas capable de tenir mes engagements vis-à-vis des projets, des rendez-vous, c’est à l’encontre de moi. Quand je n’y arrive pas, c’est l’angoisse qui prend la relève, la peur de décevoir, j’essaye de me cacher devant mon fils âgé de 13 ans bientôt. Il veut faire une fête et j’ai l’impression que je ne vais pas être capable d’y arriver le jour J. je suis épuisée, à bout de tout. Je suis maman de 5 enfants dont une petite fille décédée à 3 jours suite à une triple faute médicale. Mes enfants sont âgés de 26 ans, 23 ans, et une fille de 20 ans bientôt ! Ma mère est décédée (1986) à l’âge de 54 ans le premier jour de ses vacances ; elle disait toujours : « on ne s’arrête pas par ce qu’on est fatigué ! » Mon père, lui, est décédé en 1994, âgé de 65 ans. J’ai travaillé, travaillé, durant 17 ans et demi. J’ai voulu travailler, garder la tête haute, j’étais toujours à l’écoute des autres, je gardais toujours le sourire, témoignait aux enfants qu’il fallait travailler, être courageux, honnêtes, confiants, maintenant, c’est tout le contraire, je n’y arrive pas. La descente aux enfers. J’ai été opérée d’une endométriose l’année dernière, en novembre 2004. J’ai été opérée à deux reprises de nodules à la main droite et du canal carpien. Ma main droite va mieux mais je n’ai pas force. Les muscles des cuisses, genoux, pieds, bras, poignets, cou, sont raides, et les doigts me font souffrir ; le matin je suis raide, je souffre des pieds en descendant les escaliers, quand je me baisse, j’ai du mal à me relever. Si un jour j’ai fait un peu d’effort, le lendemain, je suis épuisée, incapable de faire, aucune envie, épuisée encore et toujours. La question à ce jour que je me pose : pourquoi suis-je ainsi, fatiguée ; avant j’ai été très dynamique, je dormais peu, estimant que je perdais du temps. A ce jour, j’ai l’impression d’être incomprise par l’entourage, j’ai honte, je m’en veux de ne pas arriver à faire quelques tâches sans fatigue. J’essaye de masquer mon handicap. J’ai en plus un problème concernant la vue, je suis emblyope d’un œil, et l’œil droit myope et astigmate ; je fatigue vite, très vite, je ne peux plus lire comme avant. Mon acuité visuelle baisse depuis ces deux ans ; je suis reconnue handicapée catégorie 2. L’année dernière, allant à un centre d’aide pour les mal-voyants, j’ai appris que je devais rendre mon permis. Il est vrai que depuis longtemps, pour aller travailler, j’apprenais un circuit, un seul, pour me rendre au travail, et je roulais en apprenant par cœur mon chemin. Maintenant, à l’idée de rouler longtemps, cela me fatigue. Tourner le volant, la tête, il ne faut pas que cela dure longtemps. Je me déplace que là où j’habite afin que mon fils soit content. La situation financière est très difficile, mon marie au chômage, en invalidité catégorie 1. J’aimerais savoir si un site, tel que le votre, existe dans la région parisienne. Comment rester en contact avec vous, afin de connaître vos manifestations. J’ai ressenti une équipe dévouée et compréhensive. Brigitte. 14 octobre 2005 Bonsoir, Tout d’abord un grand merci. Un rayon de soleil m’a réchauffé le cœur en lisant votre e-mail. Je vous remercie de m’envoyer votre documentation. J’accepte volontiers que vous offriez mon témoignage si vous le jugez utile. J’ai l’impression que lorsque je montre le site internet à mon époux, il croit que je me plais dans ma situation ; c’est dur et cela ravive les douleurs. Je pense qu’il y a un facteur très psychologique, comment savoir. Je suis mal de me voir ainsi, et chaque jour, je lutte pour témoigner que je ne suis pas une fatiguée ! Mais, je sais que j’ai tellement fait et fait que l’on craque un jour, on nous soigne pour dépression post-réactionnelle, puis les douleurs, puis l’épuisement sont là ; elles ne vous lachent pas, plus ou moins intenses, mais bien présentes. J’ai le corps endolori (particulièrement le matin, comme si j’avais eu un carambolage). Comment savoir si l’on va sortir de cet enfer, cette dépression, cette fibromyalgie. J’ai été tant battante ! On me disait très courageuse auparavant, avant ces trois dernières années ! Peut-on sortir de là ? Souvent je m’en veux de penser que je voudrais partir pour que l’on puisse me laisser tranquille, dormir, laisser les douleurs passer, en paix, sans aucun jugement, sans aucun compte à rendre, sans aucun regard. En tout cas, merci pour la création de votre site. Que des personnes vivant à des degrés différents ces maux, puissent savoir qu’ils sont compris par certains. Merci de votre écoute. A bientôt. Brigitte.
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